L’hospitalisation d’un tout petit …

… l’un des pires moments que j’ai vécu depuis que je suis papa.

Malou n’a pas tout à fait 1 an lorsqu’un matin comme les autres  je remarque une grosseur près de son œil gauche, j’en parle de suite à Maman qui me dit qu’elle a aussi remarqué mais qu’elle pensait au il s’était cogné (c’est un véritable casse cou qui fait ses premiers pas).

Nous laissons donc passer quelques jours mais cette boule ne disparaît pas malgré l’arnica, les granules d’homéopathie  et les incantations vaudous.

Après avoir fait un tour sur doctissimo, un vendredi soir de préférence, pour bien gamberger tout le week-end, nous prenons rendez vous en urgence avec le pédiatre.

Le diagnostique :

Il s’agit de ce qu’on appelle un kyste de la queue du sourcil.

C’est apparemment courant, un amas de graisse resté là pendant la formation des yeux de bébé.

Le doc se veux rassurant évoquant tout de même les rares cas ou il s’agit d’une tumeur. Nous flippons.

Le traitement :

Pas vraiment le choix : l’opération, sous anesthésie générale s’il vous plaît.

Je manque de m’effondrer, putain mais pourquoi, c’est un bébé, c’est pas juste, pourquoi lui et bla et bla …

Puis viennent les explications sur les risques si il grossit et se fixe sur les vaisseaux voisins, les risques, infimes mais réels, de l’anesthésie, et il nous rappelle surtout que la décision nous appartient et que rien ne nous oblige à le faire opérer.

le monde s’écroule sous nos pieds.

Dès le lendemain nous prenons rendez vous avec le chirurgien spécialisé dans l’hôpital le plus proche de chez nous, dans 2 mois.

S’en suit une longue période de doutes, d’hésitation, de longues heure à peser le pour et le contre, les risques de ne pas le faire enlever contre le risque de le faire.

Je suis la voix de la raison, « si ce n’est pas grave aujourd’hui cela peut le devenir, et si on a rien fait ? »
Elle est la voix de la prudence, « les accidents ça arrive aussi et si il lui arrive un truc pendant l’opération alors qu’il n’avait rien de grave ? »

De longues soirées à lire sur le sujet, quand on voit ce que sont capable de faire les chirurgiens, enlever une boule de quelques millimètres… le risque n’est pas là, c’est surtout l’anesthésie.

La rencontre avec le chirurgien :

Le rendez vous a failli être annulé le matin même pour cause de neige mais hors de question nous n’en pouvons plus d’attendre.

Arrivés à l’hôpital nous rencontrons une jeune femme qui n’est pas le professeur « ponte » recommandé par notre pédiatre, il est absent pour plusieurs jours.

Un signe ? Marche arrière toutes !

Après une longue discussion, elle réserve le bloc pour l’opération quelques mois plus tard et nous dit que si nous changeons d’avis, il suffira d’appeler.

Elle nous recommande tout de même de l’enlever maintenant, au toucher il semble que ce ne soit qu’un kyste dermoïde (déchets + graisse) et qu’il est libre -comprendre qu’il n’est pas fixé aux tissus-

Les copains/amis, ces bons conseils !

Si il y a des moments ou l’on se passerai bien des conseils des autres, c’est lorsqu’ils ne connaissent rien à la situation que vous vivez, c’est un peu comme recevoir des conseils de gens qui n’ont pas d’enfant quant à l’éducation des vôtres.

Chacun y va de sa bonne parole, ça va aller, ils en font 50 par jour, c’est rien l’anesthésie, mon arrière grand père en a eu 3, …

Tenez vous le pour dit : on ne peut pas comprendre ou imaginer ce que l’on ressent dans des situations comme celle là si on ne les a pas vécues.

Nous avons eu la « chance » de côtoyer une maman à l’école qui venait de vivre l’opération de son fils de 8ans avec 3h d’anesthésie avec qui nous avons pu partager notre angoisse et qui a su nous rassurer un peu.

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L’intervention :

Arrive le jour fatidique, malgré nos doutes et nos craintes nous avons maintenu le rdv, 7h à jeun à 1h de la maison, Nono est chez papy et mamie depuis la veille, inquiet pour son petit frère bien que nous ayons tout fait pour le préserver.

L’admission, la paperasse, les décharges, l’information sur les risques, quelle horreur.

Il se passe ensuite plusieurs heures, interminables, avant que ne vienne le tour de Malou, et quand il arrive j’ai l’impression qu’en 10 mn je vais le perdre. Il part au bloc pour 30mn maximum, l’auxiliaire de puériculture, un jeune homme formidable a senti ma détresse, il me rassure tant qu’il peut.

Il injecte un suppositoire de pré anesthésie, censé « le mettre dans le gaz » à mon bébé.  » je reviens dans 10 mn pour le descendre au bloc »

Je ne savais pas que les dix minutes en questions seraient encore plus dures que les heures, les semaines qui venaient de s’écouler.

J’ai vu mon fils partir dans le vague, ses yeux se vider de toute conscience, quand il est venu le prendre pour l’emmener je l’ai regardé droit dans les yeux, son regard était vide, ce n’était plus mon fils.

Moment d’horreur je m’assois par terre et me met à pleurer, rendez moi mon fils.

Maman est sortie de la pièce, partie faire des allers retour dans les couloirs pour tenter ne pas craquer, c’est son tour d’être forte, moi je ne peux plus.

Nicolas, l’AP, remonte du bloc 10mn plus tard et nous explique qu’à partir de maintenant il faut compter 1h30 a peu près, 30mn de préparation pour l’anesthésie, le temps du geste et la salle de réveil. D’un geste rassurant il me prend par l’épaule et se fend d’un « ça va bien se passer » je sens tellement d’honnêteté dans sa voix que je suis un peu rassuré.

S’en suit une attente interminable.

1h plus tard, Nicolas nous prévient que son écran indique que l’intervention est finie que tout s’est bien passé, il est en salle de réveil.

Reste à savoir si il va se réveiller quand même !

45 mn de va et vient dans les couloirs en courant chaque fois que l’ascenseur s’ouvre en espérant que c’est notre bébé qui arrive.

Puis enfin il arrive, sans un bruit quand d’un coup il se met à hurler quand il nous voit, il vient de comprendre ce qu’il s’est passé, il est inconsolable il nous faudra des heures pour le calmer.

Nous quitterons l’hôpital en fin de journée, le temps qu’il mange et ai fait pipi, précaution d’après anesthésie.

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Épilogue :

Visite de contrôle 6 mois plus tard, tout est ok, le kyste était bien dermoïde et il ne récidive pas, la cicatrice est infime, du travail d’orfèvre.

Aujourd’hui nous n’avons aucun regret d’avoir fait l’intervention, bien sur c’est facile, tout s’est bien passé.

Pour conclure, je dirais que si vous deviez faire opérer votre enfant, vous risquez de vous sentir seuls face à vos peurs, c’est normal, vous serez effrayés par les mises en gardes des médecins sur les risques, ils sont obligés de vous en parler, mais croyez les quand ils veulent vous rassurer, ce sont les seuls a savoir de quoi ils parlent, ce sont eux à qui vous confierez votre enfant, il faut que le courant passe.

Nous avons compris cela quand la chirurgienne nous a avoué, après l’opération, qu’elle avait autant flippé que nous quand sa fille s’est fait opérer des amygdales, et oui ils sont comme nous et sont pour la plupart de véritables professionnels qui ne cherchent qu’à soigner leurs patients du mieux possible.

Quoi qu’il en soit, si je dois revivre cela, je revivrai sûrement les mêmes angoisses.

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